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Report : Tom Misch + Hocus Pocus @ Jazz A Vienne (05/07/19)

LGTDZ | 14 juillet 2019

Cette date du  5 juillet était l’une des plus attendues lors du festival Jazz à Vienne 2019. Une nouvelle date combinant découverte et retrouvailles.


Coté découvertes : le musicien/producteur anglais Tom Misch, issu de la « scène Soundcloud » et membre régulier de nos récentes playlists. Coté retrouvailles : le groupe Hocus Pocus, mené par 20syl & DJ Greem de C2C véritable bout de patrimoine hexagonal qui se reforme 9 ans après 16 Pièces son dernier album. 

Une partie qui s’adresse à un public plus jeune. Une autre qui vient raviver les souvenirs de certains routards du hip-hop.

Une soirée sur laquelle planait le plus grand mystère et les plus grosses attentes. Entre un nom devenu omniprésent dans nos explorations sur la toile et le retour d’une influence majeure, huit ans après son dernier concert dans la région, deux extrémités du parcours de la rédaction sur la même affiche.

Conférence Hocus Pocus x Fisto

Avant de dévoiler l’objet de leur réunion au Théatre Antique, les deux leaders d’Hocus Pocus se sont adonnés à la traditionnelle conférence de presse. Un rendez-vous Jazz A Vienne qui s’est depuis peu délocalisé et ouvert au public.
Animée par Fisto pour la troisième année consécutive, la conférence de la soirée hip-hop est principalement revenue sur l’inénarrable parcours des nantais, de leurs débuts à leur place prépondérante dans le paysage français.

Un échange qui s’est focalisé sur l’évolution de leur processus créatif, leur approche du sampling, la genèse de la nouvelle tournée et l’état d’esprit général du groupe. Une courte mais dense demi-heure conclue par de précieux conseils de 20syl prodigué à de jeunes beatmakers.

Tom Misch

La soirée hip-hop démarre avec Tom Misch, représentant de cette génération à la fois versée sur les instruments et biberonné aux classiques du hip-hop. Une entrée en matière, toute en douceur où Tom Misch laisse entrapercevoir son panel d’influences par de fugaces hommages. On devine entre autres, l’ombre des sphères Soulquarians / Native Tongues dans ses compositions avec des thèmes et des refrains, honorés sans être plagiés.

Venu présenter son premier album Geography, le sud-londonien arrive à cartographier son spectre musical sans tomber dans le simple exercice de style. Sa performance cite des classiques comme Runnin par The Pharcyde et J Dilla dans un doux langage soul moderne.

Tom Misch prouve sa capacité à tracer ses propres chemins, au milieu de paysages bel et bien identifiés. Quoi qu’un peu timoré, son premier live viennois contribue à la volonté de renouveau du festival. Son fulgurant succès sur la toile ramène un lot de nouveaux convives. Des fans de Tom Misch découvrent au passage Jazz A Vienne, et croisent des habitués, venus pour Hocus Pocus.

Un beau mélanges des genres et des générations, issues d’un même socle. Un concert qui démontre les ramifications derrière l’étiquette « hip-hop », où diverses déclinaisons se distinguent à partir de références communes.

Hocus Pocus



20Syl est comparable à un Tim Burton un Quentin Tarantino du hip-hop. C’est à dire un créateur qui influence les créateurs, une porte d’entrée dans la constitution d’un bagage culturel personnel, un réalisateur acharné qui expose sans complexe, ses propres méthodes et inspirations dans chacune de ses œuvres.

Les productions pour Fabe  (Scred Connexion), Sully Sefil, Mafia Trece et la compilation Original Bombattak à la période fin 90/début 2000. Le décollage d’Hocus Pocus avec la trilogie 73 Touches (2006) / Place 54 (2007) / 16 Pièces (2010). L’écrasante succes story de C2C avec ses flopées de récompenses et titres mondiaux. Tous ces faits d’armes placent 20Syl et Greem à l’épicentre de grandes évolutions du hip-hop/jazz français.

Le retour du Hocus Pocus au grand complet sur scène a-t-il su convaincre les fidèles de la première heure, les nouveau curieux et les fans qui ont volé de leur propres ailes depuis lors ? Alors qu’une quasi décennie s’est écoulée depuis le dernier projet, ce live était l’occasion de confronter sa vision actuelle à son appréciation de l’époque.

Le show commence par un Voyage Immobile vers le catalogue bien connu de HP, dans un format aussi rodé que surprenant. Ayant popularisé la formule groupe de rap + musiciens en France, Hocus Pocus marque son retour avec une partie live encore plus prononcée.

Tout s’enchaîne. Les phases sont millimétrées. L’énergie est aussi explosive que communicative. Là où Tom Misch glissait ses petits hommages à des classiques du hip-hop, Hocus Pocus les prend à bras le corps et les balance à visage découvert.
Comme si les années de hiatus n’avaient jamais été là, la connexion entre le combo et son public est demeurée intacte. Aucun temps mort, le concert est un véritable jubilé où les grooves muent au sein du même morceau, à l’image de I Wanna Know, qui prend des couleurs afrobeat.

Le show brille par son extrême précision, mais la spontanéité reste palpable. Au milieu des couplets de 20Syl, des scratches de DJ Greem et des refrains de David Le Deunff scandés des deux cotés de la foule, Mr J. Medeiros fait irruption pour caillouter en bonne et due forme le micro. Le californien, désormais installé en France rappelle la présence de choix des Procussions dans le catalogue HP.
Les titres Vocab et Hip-Hop? sont clairement dans les temps forts du show. Deux bangers déballés d’un bloc, qui ont mis le feu. Le premier réaffirme le positionnement du crew dans la sphère musicale rap. Le second quand à lui est un manifeste de la formation au sein de la culture hip-hop.

La version viennoise de Hip-Hop? prend une dimension particulière et consolide la filiation entre jazz et hip-hop. Les lyrics du titre sont portés par une reprise de Red Clay (Freddie Hubbard), véritable standard de la note bleue. Une interprétation dans laquelle s’est également glissée Chameleon (Herbie Hancock/ Head HuntersThe Message (Furious Five mais crédité au nom de Grandmaster Flash) et The Ghetto (Donny Hathaway).
Plus qu’un artiste multi-talentueux, 20Syl s’illustre en tant que chef d’orchestre. En plus de son rôle central dans la coordination du live, il met en lumière les talents de chaque membre.

Coordonné, millimétré mais pas totalement scripté, ce concert d’Hocus Pocus joue avec ce que le public lui apporte. Un véritable échange s’effectue.

On retrouve sur la fin Thaïs Lopes de Pina, chanteuse lyonnaise que l’on connait en tant que membre de Bigre et Electrophazz. Le Théâtre Antique est en feu. Hocus Pocus a tout donné mais remet une couche en rejouant Vocab et Hip-Hop?.

Tout y était, l’occupation scénique, les interactions, la maîtrise du répertoire… Un retour à la scène réussi… Peut-être un prémisse à un nouvel album ?

La question est posée !

Les photos de la journée complète
à retrouver sur la Page Facebook LGTDZ

Report : Alpha Diallo
Photos : Paul Bourdrel

Written by LGTDZ

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