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REXEN – The Chauffeur

LGTDZ | 20 février 2026

REXEN nous guide vers d’autres voies

Il arrive qu’un disque se situe hors de notre terrain naturel tout en parlant exactement de ce qui nous anime.

Sur le papier, The Chauffeur ne coche aucune des cases qui structurent habituellement notre boussole. L’univers de Rexen s’inscrit ailleurs. Plus lent. Plus suspendu. Moins ancré dans le rythme que dans la présence.

Et pourtant, dès les premières minutes, quelque chose opère.

Une chaleur.

Une attention.

Une manière d’habiter le son qui relève davantage du geste artisanal que du format.

Un rôle plutôt qu’une posture

Sorti ce 23 janvier chez Stunt Records, enregistré aux Real World Studios de Peter Gabriel et mixé par John Parish, l’album marque une évolution nette pour le chanteur danois Michael Rexen.

Le point de bascule tient dans une image simple : celle du chauffeur.

Rexen ne se met pas au centre du récit. Il conduit. Il accompagne. Il veille à ce que le trajet se fasse sans heurt. Cette idée traverse tout le disque, tant dans l’écriture que dans l’économie des arrangements.

La musique avance avec retenue, comme si chaque morceau assumait une volonté de porter, plutôt qu’impressionner.

Responsabilité et fragilité

Les chansons s’attachent à une zone rarement abordée avec autant de calme : celle de la responsabilité affective.

Le soin porté aux autres.

La charge que cela implique.

Le moment où l’attention devient isolement.

La figure du protecteur apparaît ici comme une question plus que comme une réponse. L’album explore cet équilibre instable entre solidité et vulnérabilité, sans chercher à simplifier.

Un disque qui respire

Produit par Silas Tinglef avec un cercle resserré de collaborateurs (Anders Christensen, Sasha Agranov, Maria Jagd, Mette Lindberg…), The Chauffeur se construit dans la durée.

On perçoit la pièce.

Les silences existent.

Les textures prennent le temps de se déposer.

Certaines atmosphères évoquent l’ombre de Leonard Cohen ou Nick Cave dans cette manière de laisser les chansons se charger de vécu avant d’être livrées.

Hors cadence

Là où beaucoup de productions actuelles privilégient l’immédiateté, Rexen installe un rapport différent au temps.

Chaque morceau semble conçu pour être traversé plutôt que consommé.

Cette logique, profondément étrangère aux impératifs de rendement musical contemporains, entre en résonance avec une vision que nous défendons depuis longtemps : celle d’œuvres construites pour durer.

Accompagner jusqu’au bout

La voix grave de Rexen agit moins comme un projecteur que comme un point d’ancrage.

Elle reste présente sans envahir.

Stable sans rigidité.

À la fin, l’impression qui domine n’est pas celle d’un artiste qui cherche à convaincre, mais celle d’un guide qui a assuré le trajet.

Un disque éloigné de nos fondations esthétiques.

Mais aligné avec une certaine idée de la musique.

Written by LGTDZ

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