Bandcamp bannit l’IA
Avec Bandcamp : l’humain d’abord, l’IA dehors !
C’est sur une note de blog ce 13 janvier, que Bandcamp a rappelé sa démarche depuis toujours : la musique en tant que lien humain avant d’être un produit. Une affirmation formalisée par une règle simple : les morceaux et contenus audio générés en tout ou en grande partie par intelligence artificielle n’ont pas leur place dans son catalogue. Pas pour des raisons techniques, mais parce que sa mission repose sur une idée claire : connecter des personnes à d’autres personnes par la musique, et permettre aux artistes d’exister grâce au soutien direct de leur public.
Une fois de plus, Bandcamp confirme sa position de meilleure plateforme musicale numéro 1 dans nos coeurs. Pas parce qu’elle serait vertueuse par nature, mais parce qu’elle continue d’agir concrètement. Pendant que la concurrence singe son écosystème ou découvre laborieusement sa logique dix-huit ans plus tard, Bandcamp maintient une cohérence que les autres ont sacrifiée.
Spotify a bâti son modèle sur la fragmentation, la mise en concurrence et l’optimisation du flux. Bandcamp, lui, a choisi la redistribution, le soutien direct et une relation plus saine entre créateurs et public.
Ce décalage devient central à une époque où le capitalisme glisse vers une forme de techno-féodalisme. Quelques plateformes concentrent les outils de diffusion, dictent les conditions d’existence des artistes et contrôlent l’accès au public. Elles possèdent à la fois les marchés et les machines chargées de produire des contenus à partir des œuvres qu’elles ont déjà absorbées.
Dans ce paysage, Bandcamp ne s’est pas contenté d’une déclaration d’intention. La plateforme a posé des règles précises.
Tout morceau ou contenu audio généré entièrement, ou de manière substantielle, par une IA est interdit.
Toute tentative d’utiliser l’IA pour imiter, cloner ou usurper l’identité artistique d’un autre musicien ou d’un style existant est proscrite, au même titre que les infractions à la propriété intellectuelle.
Et surtout, Bandcamp ne délègue pas cette responsabilité aux seuls algorithmes. Les auditeurs et les artistes sont invités à signaler les contenus qui semblent reposer massivement sur de la génération artificielle, afin qu’ils soient examinés par une équipe humaine. La plateforme se réserve le droit de retirer toute musique soupçonnée d’avoir été produite par ces moyens.
Dans une industrie où la plupart des acteurs préfèrent fermer les yeux pour ne pas contrarier la spéculation technologique, ce cadre constitue une prise de position réelle.
Cette ligne protège autant les artistes que l’idée même de culture.
Une scène ne se fabrique pas avec des modèles statistiques. Elle se construit avec des gens et des actions.


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