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Nick Marks – do wut u luv (+ lofi version)

LGTDZ | 19 décembre 2025

Nick Marks à l’instinct

Avec do wut u luv, Nick Marks signe un retour aussi discret que révélateur. Premier extrait de la prochaine mixtape Happy Place, le titre arrive après la clôture de sa trilogie Cinematic Chromatics. Autrement dit, après avoir démontré sa maîtrise des formes longues, orchestrales et cinématographiques, Marks choisit ici le relâchement, le groove, et surtout l’intuition.

Le morceau est né de sessions nocturnes dans son studio new-yorkais, piano d’un côté, beat de l’autre, sans plan préétabli ni pression conceptuelle. Cette méthode se ressent immédiatement. do wut u luv ne cherche pas à impressionner, il cherche à circuler. Le morceau avance avec une évidence tranquille, porté par des batteries posées, des Rhodes chaleureux, des nappes de synthés analogiques et un travail de cordes qui agit plus comme une respiration que comme un décor.

Sur le plan esthétique, Nick Marks continue de creuser cet espace très personnel entre jazz contemporain, R&B instrumental et production où le beat prévaut. Les références sont assumées mais digérées : la nonchalance organique de J Dilla, la science du groove de Butcher Brown, l’élégance texturale de BADBADNOTGOOD. Le tout est filtré par une culture du score et de l’arrangement héritée de Quincy Jones, où chaque élément existe pour servir l’ensemble, jamais pour voler la vedette.

do wut u luv (lofi version)

Là où do wut u luv se distingue, c’est dans sa fonction. Le morceau est clairement pensé comme une musique d’usage, au sens noble du terme. Une bande-son pour des moments précis : une fin de journée, un trajet en voiture au coucher du soleil, une conversation tardive. C’est une musique qui accompagne sans diriger, qui soutient l’humeur plutôt que de la provoquer.

Le casting de musiciens va dans ce sens. Doron Lev pose des grooves souples et respirants, David Rosenthal apporte des touches de guitare discrètes mais expressives, tandis que les interventions de Dave Levy (trompette), Andrew Gould (sax alto) et Sarpay Ozcagatay (flûte) enrichissent la palette sans jamais densifier inutilement le spectre. Chaque intervention semble arriver naturellement, comme si le morceau décidait lui-même de ce dont il avait besoin.

Cette approche correspond parfaitement au parcours de Nick Marks. Formé au piano jazz et classique, nourri par la scène bouillonnante de Melbourne, puis affiné par près d’une décennie à New York au contact du cinéma, de la télévision et des musiques hybrides, Marks appartient à cette génération de compositeurs-producteurs pour qui les frontières de genres n’ont plus vraiment de sens. Sa musique ne cherche pas à être « jazz », « neo-soul » ou « électronique ». Elle cherche à être fonctionnelle émotionnellement.

do wut u luv agit ainsi comme une déclaration d’intention pour Happy Place. Moins démonstratif que ses projets précédents, plus direct dans son rapport au plaisir de jouer, le titre annonce une mixtape qui s’annonce tournée vers le ressenti, le mouvement et le lâcher-prise. Une musique qui n’exige rien de l’auditeur, sinon de s’y laisser porter.

Sorti le 24 octobre 2025 via Marks Bros Records, do wut u luv confirme que Nick Marks n’a pas seulement le sens de la composition et de l’orchestration. Il a surtout celui du moment juste.

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