Coma-Chi & Uyama Hiroto | Japanoia

Cet album est à la fois une évidence et une surprise. La rencontre entre deux références. Un album co-signé Uyama Hiroto, qui ne se présente plus sur LGTDZ et Coma-Chi, l’une des premières rappeuses à se hisser sur le devant de la scène nippone.

Le genre de collaboration que l’on envisageait pas et qui semble avoir toujours été là une fois matérialisée. Le discret rencontre le prolifique. Le secret bien gardé marche avec celle qui a pavé la route à une génération d’artistes féminines.

D’un coté, Uyama Hiroto, très peu présent dans les médias et les réseaux sociaux, aux choix artistiques aussi audacieux que pointus. De l’autre, Coma-Chi, aux nombreuses prises de position, qui expose les beautés et travers de la société japonaise, avec entre autres, ses titres et vidéo qui font écho à l’actu (nb: ses versions de This Is America et WAP).

Quand j’ai rencontré Uyama, on s’est compris mutuellement, et cette collaboration s’est faite d’elle-même. Je pense qu’il y a eu une synergie entre la musicalité d’Uyama, qui a travaillé avec Nujabes, et mon désir d’exprimer le concept de “véritable beauté du Japon”

Coma-Chi | Tokyo ON

A la force de son art, il dessine de nouveaux horizons sonores, qui inspirent mélomanes et créateurs du monde entier. A la force son art, elle contribue à abolir les cases prédéfinies et à relever la considération pour les femmes dans le milieu.

Chacun à leur manière et à leurs échelles, Uyama Hiroto et Coma-Chi représentent une autre image du hip-hop japonais, voire du pays par extension.

“Japanoia” est un mot qui mélange “Japon” et “paranoia” afin de décrire les sentiments des japonais envers le pays ainsi que la nostalgie et l’amour qui en découle. En même temps, le Japon était à l’époque trop patriote/nationaliste, donc après la guerre, le peuple, sous occupation américaine, a été éduqué dans la répression de ce patriotisme. Donc j’ai pensé que “paranoia” était le mot idéal pour exprimer ces émotions.

Coma-Chi | Tokyo ON

Japanoia décrit le rapport des japonais envers leur propre patrimoine. Cet EP questionne le passif conservateur / patriotique et les injonctions extérieures, le rattachement aux traditions et les influences étrangères. Une thématique parfaitement illustrée par les références shintoïstes et le mélange hōgaku (musique traditionnelle japonaise) et yōgaku (musique occidentale).

J’ai fait “Japanoia” avec l’idée de secouer l’énergie invisible qui gravite autour de nous, c’est normal pour chacun d’en retirer un message propre. J’aimerai que les personnes tout autour du monde ressentent la spiritualité et les subtilités aux origines de la culture japonaise. J’aimerai aussi que le projet serve de catalyseur pour les japonais afin qu’ils retirent un peu plus de fierté dans leur culture nationale.

Coma-Chi | Tokyo ON

Sept titres de confrontations d’idées complémentaires ou contradictoires, où chaque auditeur, avec son niveau de lecture, qu’il soit musical ou textuel, en retire un message qui lui est propre.

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